Cash Investigation sur le business de la sécurité, plus de peur que de mal pour Safran

Le reportage de Cash Investigation du 21 septembre 2015 était consacré au « business de la peur » : biométrie, télésurveillance, usurpations d’identité … ces trois marchés ont été passés au crible par l’équipe d’Elise Lucet, pour un total de 5273 tweets durant l’émission, soit 1000 de moins que pour la précédente consacrée aux dérives de l’industrie de la santé.

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L’analyse de ces tweets via le logiciel Visibrain Focus TM nous montre que ceux-ci sont surtout issus d’utilisateurs actifs qui ne pratiquent pas forcément le retweet : 51 % sont des tweets originaux, et la moyenne est d’un peu plus de 3 tweets par utilisateur. A comparer aux données de l’émission sur les voyages d’affaires des élus, bien plus commentée (11 866 tweets) mais par des utilisateurs moins actifs (1,5 tweets en moyenne, 62 % de RT).

En utilisant le logiciel Gephi pour cartographier les tweets (voir la méthodologie ici), j’ai constaté que comme pour l’émission précédente, si les politiques sont interpellés directement via leurs comptes twitter, les entreprises citées ne le sont que via des mentions et hashtags.

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La cartographie des comptes twitter les plus mentionnés durant l’émission, si elle donne encore une fois la part belle au tryptique @cashinvestigati (en orange en bas à droite) / @Eliselucet / @France2tv qui concentre le tiers des mentions, fait apparaitre plusieurs acteurs intéressants :

  • @Maitre_Eolas, qui rappelle, sans viser personne, que le titre de criminologue ne correspond à aucun diplôme ;
  • @Manhack, qui signait là son premier reportage et l’a donc live-tweeté avec enthousiasme ;
  • @BriceHortefeux, interrogé par Elise Lucet au sujet de son programme national qui visait à multiplier par trois le nombre de caméras de vidéosurveillance quand il était ministre de l’intérieur, subventionné à hauteur de 152 millions d’euros. Utilisé en « teaser » du reportage, la vidéo de Brice Hortefeux a néanmoins provoqué moins de réactions que celle de Rachida Dati ;
  • @ChNaudin, « expert » en usurpations d’identités et quelque peu chahuté par les twittos suite à son interview avec Cash Investigation.

Par contre, en dehors de quelques mentions anecdotiques faisant parfois référence à d’autres volets de Cash Investigation, les entreprises citées dans l’enquête, et notamment Safran concernant ses produits biométriques, se retrouvent relativement épargnées.

En effet, en dehors des tweets issus du compte @cashinvestigati, les entreprises ou produits cités sont peu repris par les twittos, qu’il s’agisse du système Parafe de Safran ou encore des bénéfices d’une filiale d’Engie qui fait de la vidéosurveillance.

La cartographie des hahstags utilisés par les twittos montre d’ailleurs que Brice Hortefeux est à nouveau dans les plus mentionnés par ce biais-là :

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Enfin, dernière observation, la thématique de la vidéosurveillance, abordée en dernière partie d’émission, est ici légèrement plus commentée que les autres. Il est vrai que comme l’indiquait le reportage, seulement 1 million de français utilisent aux aéroports les sas biométriques du système Parafe de Safran, tandis que l’explosion dans les municipalités des caméras de vidéosurveillances est plus visible par les téléspectateurs – et rencontre également pas mal d’opposition.

L’émission ne finit d’ailleurs pas là, puisque l’équipe de Cash Investigation a publié juste après la diffusion de l’émission un extrait vidéo revenant sur sa visite du salon Milipol à Paris en novembre 2013 et ses interrogations sur les vendeurs français de logiciels d’espionnage à des dictatures- notamment Amesys. Avec 700 partages via facebook, 126 via twitter et même 142 via Google +, celui-ci a permis de prolonger le débat sur les réseaux sociaux.

Plusieurs milliers de tweets ont mentionnés Cash Investigation le lendemain de la diffusion, reprenant la polémique avec Brice Hortefeux (à qui le journal Libération donne d’ailleurs raison) et les révélations de l’article publié juste après l’émission sur les logiciels visant à surveiller les populations de dictatures. Une ancienne émission sur les dangers du diesel est aussi opportunément remise en avant par l’eurodéputée EELV Michèle Rivasi suite à l’affaire Volkswagen :

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Entretenir les polémiques diffusées durant l’émission est un bon moyen de générer un volume important de mentions, comme Rachida Dati l’a appris à ses dépens il y a deux semaines ! Même si, avouons-le, il y a d’autres raisons qui ont poussées les twittos à continuer de commenter Cash Investigation le lendemain.

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Une réflexion sur “Cash Investigation sur le business de la sécurité, plus de peur que de mal pour Safran

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