Cash Investigation sur les dispositifs médicaux : pas de bad buzz sur Twitter mais une image dégradée pour ce secteur

Avec 6000 tweets identifiés par Visibrain pendant l’émission, 11 000 si on remonte aux révélations du consortium international de journalistes ICIJ du 25 novembre, le Cash Investigation dédié aux révélations sur les dispositifs médicaux n’a pas passionné les twittos français. L’analyse par Visibrain des tweets mentionnant plus globalement ce scandale sanitaire montrait d’ailleurs une faible volumétrie sur des mentions internationales avec 40 000 tweets.

Bien évidemment, l’actualité politique du moment a joué sur cette faible visibilité de Cash : même en effectuant une recherche sur des termes autour de pharma et sur les dispositifs médicaux au sens large, on reste loin des conversations sur les gilets jaunes – alors même que le mouvement est plutôt organisé sur Facebook. L’opposition a donc très peu réagit à ce reportage.

Les tops tweets à l’écart des principaux échanges sur l’émission

En dehors des comptes twitter d’Elise Lucet et de l’émission, les tweets les plus repris correspondent à des communautés isolées du centre des échanges. On notera notamment le tweet du journaliste Guillaume Blardone, en lien avec les gilets jaunes qui fait une mention de Cash Investigation sans parler du sujet.

La cartographie des échanges entre les comptes Twitter actifs sur l’émission montre que les deux autres comptes les plus repris, ceux de la députée FI Caroline Fiat et de « Mauvais Coton » sont isolés du centre des échanges. Ils ont été très repris par leurs propres abonnés, mais ne sont pas influents au-delà dans le cadre de l’émission.

On notera également en bas à droite située dans l’orbite d’Elise Lucet les comptes de différents médias qui ont repris le sujet notamment l’Express, le Parisien … tandis que Le Monde, InvestigationRF (la cellule investigation de Radio France) et ICIJ se retrouvent plus visibles autour de la communauté de l’émission, ayant participé à l’enquête sur les « implant files ». Bastamag profite également de l’émission pour promouvoir ses enquêtes #pharmapapers sur l’industrie pharmaceutique.

Enfin tout en haut à droite une micro communauté liée aux « fanzouzes » de TPMP, qui ont lancé un sondage sur Cash Investigation.

Les autorités de santé prises à partie par les twittos

Elise Lucet et son équipe font généralement feu de tout bois sur les entreprises ou organisations mises en cause pendant l’émission, interpellant ponctuellement les politiques mais sans que ceux-ci soient réellement ciblés. Ils sont ponctuellement invités à réagir en plateau à la fin de l’émission, comme Michel Sapin après les révélations des Panama Papers.

Pour cette émission, aucune des entreprise en cause n’a été interrogée, malgré la gravité des éléments reprochés : vente de dispositifs vaginaux dangereux impossibles à retirer, provoquant de nombreux cas de mutilation des patientes non informées de ces risques … ou encore implants mammaires cancérigènes, révélant que les patients sont clairement des cobayes.

Car si des produits défectueux ont pu être commercialisés, c’est à cause d’une réglementation pour le moins défaillante, puisque ce sont les fabricants qui effectuent leur propre contrôle de conformité. Différents scandales et problèmes ont pu être remontés ces dernières années, sans réelle réaction des pouvoir publics. Comme Marisol Touraine avant elle sur les entreprises pharmaceutiques, Agnès Buzin est directement pris à partie par les twittos. Si le compte twitter du Ministère de la Santé a publié 6 tweets (119 mentions au total), les 144 réponses montrent l’échec de cette réaction à l’émission :

Les tweets du Ministère défendent le système en vigueur alors même que les journalistes ont démontré qu’une fausse entreprise pouvait commercialiser un filet à mandarine comme dispositif médical sans être rappelée à l’ordre. Il aurait fallu à minima prendre acte des informations  inquiétantes remontées pour indiquer qu’une investigation serait réalisée. De la même façon la communication de l’ANSM via son compte Twitter (seul à réagir aux Implant Files sur Twitter) est très légère, insistant sur le fait qu’il ne faut pas s’inquiéter … C’est oublier que la parole des autorités publiques est aujourd’hui décrédibilisée et que sans transparence et surtout sans reconnaître les erreurs passées, le gouvernement laisse la voie libre aux « Fake News » qu’il entend pourtant combattre.

Les entreprises esquivent le bad buzz mais gardent une image détériorée qui compromet leur avenir

Il y aurait eu matière à interroger certaines entreprises, notamment J&J. Un document interne de l’entreprise indiquait qu’il fallait pour le dispositif vaginal incriminé cibler des « chirurgiens dont les valeurs sont l’égo et l’argent, qui aiment les stations de ski luxueuses et les Lamborghini »… La rédaction dans une note interne de l’entreprise de tels éléments laisse songeur sur la culture d’entreprise ! Le PDG lui-même encourageait ses salariés à commercialiser des produits non finalisés, à « prendre des risques » …

Pour autant, c’est l’entreprise Allergan qui était la plus mentionnée (153 fois), contre 4 tweets pour J&J … soit une fraction du total des tweets. Peut-on pour autant parler d’une réputation préservée pour ces entreprises ? Outre les procès en cours et les suites qui seront éventuellement données par les autorités de santé, ce genre d’affaires impacte fortement l’empreinte numérique d’entreprises par ailleurs discrètes.

Alors que l’on parle beaucoup d’intelligence artificielle et de santé, notamment via des innovations s’appuyant par exemple sur les données d’objets connectés, de tels scandales donnent des opportunités pour de nouveaux acteurs de proposer des solutions plus fiables et sécurisées. La comparaison via des recherches en ligne par les patients notamment sur les réseaux sociaux ne sera pas en faveur des entreprises incriminées, comme le montre l’outil Buzzsumo :

A ce titre, la base de données mise en place par le consortium international des journalistes d’investigation sur les alertes liées aux dispositifs médicaux ne manquera pas d’être exploitée par de nouveaux entrants sur ce marché.

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