Les ONG au rendez-vous du Cash Investigation sur la pèche industrielle du thon

Avec 13 000 tweets identifié par l’outil de veille Visibrain du jour de l’émission au lendemain 14h, le Cash Investigation consacré aux excès de la pèche industrielle a suscité plus de commentaires que celui sur les dispositifs médicaux. En effet, certaines ONG sont très actives sur ce sujet : Greenpeace et Bloom ont profité de l’émission pour attaquer ce sujet, profitant d’ailleurs de la faible réactivité des entreprises incriminées :

La surpêche, une thématique récurrente à laquelle marques et consommateurs sont sensibilisés

La question de la surpêche et de ses effets fait l’objet d’intenses combats entre les organisations professionnelles et les ONG depuis de nombreuses années. La campagne contre la pèche profonde de l’ONG Bloom, qui a connu un très fort succès grâce au soutien de la dessinatrice Pénélope Bagieu, a mené en 2016 à l’interdiction de cette pèche par l’Union Européenne. D’autres campagnes ont depuis été lancées, notamment contre la pèche électrique, avec un impact fort auprès des consommateurs. Si on prend le cas du saumon, les reportages négatifs contre le saumon d’élevage de Norvège ont endommagé durablement l’image de la filière. Le réseau des ONG est donc très fort sur le sujet, comme on a pu le voir pendant l’émission de Cash Investigation :

Il est évident que les protagonistes connaissent le sujet et peuvent difficilement se contenter de dépenser en lobbying pour limiter les risques d’une législation négative. En exploitant les données du registre européen de la transparence, sur lequel sont inscrites toutes les organisations souhaitant bénéficier d’un badge d’accès permanent pour un ou plusieurs lobbyistes, près de 100 organisations s’intéressaient en 2018 aux enjeux autour du poisson, principalement des ONG et des lobby, mais également de nombreuses organisations de secteur :

Pour accéder à la dataviz interactive : https://public.tableau.com/profile/guillaume.sylvestre#!/vizhome/EUTransparencyRegister2019/EUTransparencydashboard

Petit Navire pointé du doigt sans que les marques « pêche durable » tirent leur épingle du jeu

Avec plus de 1000 mentions pendant l’émission, et un appel au Boycott partagé des dizaines de milliers de fois sur Facebook, amenant une réponse du Directeur Général de la société, la marque bretonne rachetée par le géant Thai Union, dont les montages financiers étaient évoqués par Cash Investigation, a clairement souffert de cette exposition. Ce d’autant plus que la communication sur Twitter de la marque est très limitée.

Pour autant, alors que le débat de dernière partie d’émission visait à présenter les alternatives notamment la pèche à la canne, très peu de twittos se sont intéressés au sujet, par exemple pour promouvoir des marques plus vertueuses.

Ce alors que depuis plusieurs années des marques de grande surface mettent en avant le thon pêché à la canne : les alternatives existent bien. Dans sa réponse à l’appel au boycott, le DG de Petit Navire explique que sa société ne se fournit pas majoritairement avec du thon péché via les dispositifs pointés du doigt, et indique par ailleurs que sa société soutien la mise en place de quotas de pêche au thon dans l’océan indien. Répondre aux ONG afin de s’aligner sur les préoccupations des consommateurs reste un enjeu essentiel pour les entreprises.

Apparition d’une micro communauté très critique contre Elise Lucet

Depuis la dernière émission, plusieurs journalistes ont attaqué Elise Lucet, dont ils jugent le ton trop offensif et accusatoire, notamment envers les entreprises mises en cause. L’émission d’Envoyé Spécial consacrée au glyphosate de Monsanto a notamment généré de très nombreuses remarques. D’autres journalistes ont été ciblés par les défenseurs de Monsanto, appliquant au final ce qu’ils semblent reprocher justement à Elise Lucet …

Concrètement, ces polémiques n’ont pas eu d’impact sur la diffusion des tweets de l’émission et la formation des communautés. Pour autant, au sein de la communauté mentionnant Elise Lucet, on peut isoler un petit groupe correspondant à ces critiques :

Leur influence est pour le moment négligeable, et ceux-ci obtiennent surtout de la visibilité en se mentionnant entre eux. Pour autant, s’ils venaient lors d’une prochaine analyse à prendre de l’ampleur, ils pourraient former un nouveau type de communauté réagissant à Cash Investigation afin de critiquer Elise Lucet. L’analyse de communautés via la cartographie Twitter permet en effet de suivre l’émergence de nouveaux groupes et leur dynamique, ce qui est d’autant plus pertinent ici.

D’ailleurs, la question d’un retour de bâton peut également se poser pour les détracteurs d’Elise Lucet, à l’heure d’une polarisation des échanges sur Twitter, et d’une contestation citoyenne de plus en plus importante face aux pratiques des marques, notamment des grandes entreprises. Monsanto en a d’ailleurs fait les frais, Bayer ayant dû abandonner son nom de marque, critiquée aussi bien pour ses pratiques de lobbying réelles que pour des inventions ou déformations de faits (par exemple les suicides de fermiers indiens).

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